Le blog des Valeurs

Ré-humaniser l’entreprise

Beaucoup d’entreprises semblent aujourd’hui dominées par ce que nous appellerons la « dictature du concret ». Bien évidemment, une entreprise se doit pour réussir d’être gouvernée avec beaucoup de pragmatisme. Néanmoins, ce pragmatisme paraît souvent être poussé à son extrême et occuper tout l’espace disponible. Comme si on espérait des hommes qu’ils fonctionnent comme des machines. Une attitude de management issue d’un temps révolue, qui ne pourra que diminuer et qui de toute évidence est impossible à conserver dans le domaine des services (aujourd’hui 60% de l’économie française).

Ce pragmatisme conduit les entreprises à souvent privilégier la quantité à la qualité, non seulement dans leur production, mais dans leurs relations avec leurs différents publics. Il nous semble bon de reprendre ici une interview d’Edgar Morin, dans le Ouest France du 5 janvier 2008 :

« Cette dégradation de la qualité par rapport à la quantité est la marque de notre crise de civilisation. La logique, qui est la nôtre, technique, économique, scientifique ne prend en compte que ce qui est quantifiable. Tout ce qui ne l’est pas est évacué de la pensée politique. Or, malheureusement, ni l’amour, ni la souffrance, ni le plaisir, ni l’enthousiasme, ni la poésie n’entrent dans la quantification… Le visage lumineux de la civilisation occidentale présente, aujourd’hui, un envers de plus en plus sombre. Ainsi l’individualisme, qui est une des grandes conquêtes de la civilisation occidentale, s’accompagne de plus en plus de solitude, de dégradation des solidarités… »

Ces propos d’Edgar Morin, révélateurs d’un malaise général, nous paraissent particulièrement adaptés à l’univers du travail où, trop souvent, et au prétexte de la productivité, l’on feint d’ignorer la dimension humaine des entreprises.

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